Le Noyé du Cher

Une déambulation sonore
Création sur le territoire dans le cadre de l’association au Théâtre des Ilets – CDN de Montluçon
Le Noyé du Cher sera une déambulation sonore dans Montluçon. Casques sur les oreilles, vous entendrez les voix intérieures ou fantomatiques de trois personnages qui vous mèneront dans une histoire fictive, un polar immobilier, inspiré des témoignages des habitants. Vous suivrez ces personnages dans leurs souvenirs adolescents et dans leur enquête sur l’avenir trouble d’un certain Marcello, héritier d’une famille de capitaines d’industrie. Et vous enquêterez ainsi sur la domination sociale et économique à travers la ville et par delà les murs.

Création le 30 avril 2022
Représentations : les samedis et dimanches jusqu’au 12 juin 2022
Rendez-vous Place Piquand à Montluçon

Pour réserver : Théâtre des Îlets – CDN de Montluçon

Samedi 7 mai – 17h
Dimanche 8 mai – 17h

Samedi 14 mai – 17h
Dimanche 15 mai – 17h

Samedi 21 mai – 17h
Dimanche 22 mai – 17h

Samedi 4 juin – 17h
Dimanche 5 juin – 17h

Samedi 11 juin – 17h
Dimanche 12 juin – 17h

Texte et mise en scène : Charlotte Lagrange

Création sonore, musicale et collaboration artistique à la mise en scène : Bertrand Devendeville

Costumes : Aude Desigaux

Avec les comédien.ne.s de la Jeune Troupe des Îlets
Sandre : Claire Angenot
Annie : Olive Malleville
Marcello : David Damar – Chrétien
et la voix du flic : Bertrand Devendeville

Production : Théâtre des Îlets – CDN de Montluçon • Le projet est cofinancé par l’Union Européenne dans le cadre du Fonds Européen Agricole pour le Développement Rural (FEADER)

Le Noyé du Cher - La montagne

Genèse du projet

Pendant le premier confinement, l’organisation des villes m’a beaucoup interrogée. Cette période a particulièrement révélé les différences sociales… On n’a pas vécu le même confinement selon qu’on habitait en ville ou à la campagne, mais aussi selon où on habitait dans la ville.

J’ai eu envie de travailler sur l’organisation des villes, la manière dont elle dévoile ou parfois voile les rapports de pouvoir sociaux. A regarder larchitecture on peut deviner lhistoire mais aussi la manière dont les classes sociales se sont inscrites et sédimentées les unes par rapport aux autres.

J’ai commencé à enquêter sur la gentrification à Paris, dans le 19ème arrondissement. Un atelier avec des habitants m’a permis de ressentir tangiblement les mécanismes par lesquels les classes les plus pauvres étaient progressivement repoussées en dehors des centres puis vers les périphéries. Il en est sorti un monologue intitulé « Une place dépeuplée ».

Puis j’ai rencontré Carole Thibault et je suis revenue à Montluçon où j’avais eu la chance de faire il y a quelques années une de mes premières résidences d’écriture. Elle m’a raconté cette ville et invité à rencontrer des gens qui y étaient nés, qui l’étudiaient ou simplement qui l’aimaient. De fil en aiguille, des habitants m’ont présenté d’autres habitants. De fil en aiguille je me suis retrouvée dans la forêt de Tronçais.

En dehors de la région, peu de monde connait Montluçon. Pourtant, au milieu de la France, cette ville cristallise l’histoire dont elle est issue, elle a sédimenté dans son urbanisme les couches de révolutions et de crise, de révolution industrielle notamment, et de crise économique à rebondissements. Certaines de ces couches se voient à l’oeil nu. Parfois il faut les deviner.  Derrière les murs épais ou les portes cochères.

En dehors de la région, beaucoup pensent que Montluçon est une ville pauvre, mais son urbanisme est encore à l’image des luttes sociales, et il en est peut être aussi l’enjeu premier.

J’ai écrit la pièce Le Noyé du Cher en m’inspirant des témoignages et des récits intimes que j’avais recueillis. En les déplaçant, les transformant. En mentant, d’une certaine manière. Car mentir sur le réel est peut être la manière la plus évidente de dire la réalité, et le caché, de le mettre en lumière sans trahir.

Cette création dans l’espace urbain sera pour moi une première. La ville dont je m’inspire sera le cadre de l’histoire, son paysage, son arrière-plan. Quelque part, Montluçon sera le premier personnage de cette pièce polar. Les trois autres seront incarnés par les comédien.ne.s de la jeune troupe des Îlets. Les rôles ont été écrits pour eux.

Pour monter ce spectacle, j’ai demandé à Bertrand Devendeville, artiste dans l’espace urbain de m’accompagner, non seulement sur la création sonore, mais sur la réflexion globale de la déambulation. Comment guider, comment recréer des scènes intimes au coin d’une rue, comment transformer par la seule narration, comment traverser un boulevard passant tout en suivant une histoire intime etc…

Ce processus de création est une recherche incessante, une exploration qui j’espère fera du spectacle un nouveau terrain d’exploration pour chacun.e de vous.

Charlotte Lagrange


Elle revient dans son pays de Montluçon

Sandrine elle s’appelle

Mais elle préfère Sandre

Elle préfère les cendres qui lui rappellent les descriptions de son père

Amoureux de cette ville noire de monde et de charbon

De ses heures loin d’être sombres

Des plus belles heures de Montluçon la glorieuse

 

La chasse à courre était lancée

il a attrapé le bras de son grand père

c’était une réponse

merci forêt de tronçais

on imagine que les grands chênes accueillent les histoires d’amour

on se trompe

c’est déprimant la sociologie

pire que l’astrologie.

T’as juste l’impression d’être un pur produit

 

Marcello – C’est parti

Ils vont le saigner

Sandre – C’est morbide

Annie – c’est une fin sublime

Sandre – question de point de vue

Marcello – de classe sociale