Les Petits Pouvoirs

J’ai commencé à écrire Les Petits Pouvoirs en janvier de l’année dernière, de manière nécessaire mais anarchique, entre plusieurs activités. L’écriture m’avait alors entraînée inconsciemment dans le domaine de l’architecture, dans une petite agence aux ambitions internationales, en fantasme du Japon comme d’un paradis perdu. J’avais des bribes de scènes, une recherche à faire sur l’architecture, et un voyage à mener au Japon.

Depuis, je suis partie dans ce pays pendant plus d’un mois et j’ai repris l’écriture presqu’à zéro en résidence à la Chartreuse de Villeneuve-lez-Avignon. C’est là que l’histoire a commencé à se déployer. Et surtout, j’ai pu repartir des enjeux profonds qui avaient suscité l’écriture de ce texte. Je voulais interroger le genre dans le travail, et plus précisément j’aimerais travailler sur les mécanismes à l’oeuvre dans l’apparition de situations de domination sexuelle au travail. Je voudrais interroger la manière dont nous sommes amenés, que nous soyons hommes ou femmes, à participer à un système et à le perpétuer alors même que nous pouvons en être victimes, alors même que nous pouvons sincèrement souhaiter le changer. Je voudrais raconter ainsi comme un projet commun, une création à venir, peut susciter des enjeux de pouvoir étroitement mêlés à des questions de genre et de désir sexuel

Charlotte Lagrange, le 27/04/19

Ce texte a été présenté pour la première fois dans le cadre du Festival Jamais-Lu Paris (5è édition). Coproduction Festival Jamais Lu (Montréal), Théâtre Ouvert. Avec le soutien de la SACD France, de la SACD Canada, d’Artcena, du Conseil des Arts et des Lettres du Québec et de la Délégation Générale du Québec à Paris. En collaboration avec Le Studio d’Asnières – ESCA